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Déclaration du Groupe Socialiste Internationaliste – Section française de la Ligue Internationale des Travailleurs

Halte aux massacres de l'Etat colonial sioniste : vive la résistance palestinienne !

Le 27 décembre 2008, l’armée israélienne a débuté sa plus grande opération militaire à l’encontre des Palestiniens depuis 1982. Des centaines de tonnes de bombes et une pluie de missiles sont lancés sur la bande de Gaza. Le 27 décembre, l’opération « plomb durci » a débuté. Ce que les commentateurs bourgeois appellent une guerre est un carnage. Les frappes ont fait plus de 400 morts lors des quatre premiers jours. A l’offensive aérienne et maritime succède l’invasion terrestre. Des centaines de blindés et des milliers de fantassins entre simultanément dans Gaza. Il n’est pas difficile d’imaginer les dégâts causés par les chars Merkava de 65 tonnes dans des villes aussi densément peuplée que Gaza-City ou Beït Hanoun. A ce jour, l’opération « plomb durci » a coûté la vie à plus de 1 000 Palestiniens, dont plus de 300 enfants et fait plus de 5 000 blessés. Les témoignages des habitants de Gaza donnent la mesure de la barbarie sioniste : bombardements d'hôpitaux, d’écoles et d’universités, familles décimées ; hôpitaux submergés par des centaines de blessés…

L’objectif officiel de l’offensive est, selon l’état-major israélien, de mettre fin aux tirs de roquettes du Hamas qui, parfois, atteignent des villes israéliennes (la plupart des roquettes explosent en vol ou s’écrasent loin de leurs objectifs). L’ampleur de l’opération suppose pourtant des buts plus conséquents que la soi-disant riposte aux tirs du Hamas. Il est vrai qu’Israël a déjà montré comment il entendait combattre la résistance armée du Hamas : juin 2006, les bombardements poétiquement nommés « pluie d’été » font 3 200 morts ; novembre 2006, l’opération « nuages d’automne » donne lieu à un massacre en règle dans la ville palestinienne de Beit Hanoun. Les sionistes poursuivent à Gaza la politique de terreur qui leur a permis de bâtir l’Etat d’Israël. « Plomb durci » est destinée à raser Gaza. Cependant, les explications à l’escalade de la violence sioniste ne peuvent être trouvées que dans la situation politique et économique mondiale que les impérialismes tentent de surmonter.

L’Etat d’Israël dans la crise économique et sociale mondiale

Pour surmonter la crise que traverse le capitalisme, les gouvernements des principales puissances mondiales cherchent les outils pour sauver les intérêts de leur bourgeoisie nationale. Tout est mis à profit dans ce sens. Force est de constater que l’impérialisme est toujours « l’ère des guerres et des révolutions » défini par Lénine. Pour les capitalistes, les milliards brûlés pour tenter d’endiguer la crise financière doivent être amortis, la saturation des marchés doit être résorbée, le taux de profit doit être restauré ; ce par tous les moyens. La guerre en Irak avait permis à nombre d’entreprises transnationales américaines et européennes de relever leurs cotations sur les places financières et de s’assurer de nouveaux marchés (en grande partie dans la reconstruction). La destruction et la colonisation, voilà les deux piliers de la relance du capitalisme en crise. Cela concerne aussi Israël que la crise du capitalisme n’a pas épargné.

L’économie de l’Etat d’Israël est une économie de guerre, l’industrie de l’armement - qui fonctionne en lien direct avec l'industrie US - est le seul secteur économique vraiment dynamique du pays. La situation sociale intérieure est critique. Les gouvernements successifs ont appliqué depuis des années une politique libérale extrême qui a conduit la colonie au bord de l’implosion. Ces dernières années, les grèves se sont multipliées et les scandales de corruption ont secoué les principaux partis politiques.

La défaite militaire de 2006 face au peuple libanais uni a ébranlé l’armée, ciment de la société israélienne qui est conçue comme une forteresse assiégée. La crise intérieure est telle que l’émigration des Juifs vers Israël a ralenti considérablement. C’est pourtant une des conditions de survie pour l’Etat sioniste. Au sein même d'Israël, la balance démographique joue en faveur des palestiniens. Les dirigeants israéliens savent que le maintien de l’enclave coloniale est lié à l’émigration juive et au départ des palestiniens. C’est donc sur un Etat en crise profonde que repose en partie l’avenir de l’impérialisme américain et des différents impérialismes européens.

Origine et nature de l’Etat d’Israël

A l’image de la crise financière qui aura eu le mérite de montrer aux travailleurs le fonctionnement anarchique et violent du capitalisme, le massacre en cours à Gaza aide à comprendre la fonction première d’Israël. L’Etat d’Israël est depuis l'origine un outil aux mains de l’impérialisme pour assurer sa mainmise sur le Proche et le Moyen-Orient. L’objectif à terme est la création d’un marché unique moyen-oriental sur le schéma du MERCOSUR sud-américain.

La création de l’Etat d’Israël, en 1948, est le fruit des intérêts communs du courant sioniste et des principaux impérialismes, en premier lieu les Etats-Unis. Le sionisme est un mouvement politico-religieux fondé par Théodore Herzl en 1897, lors de la création de l’Organisation Sioniste Mondiale, à Bâle. Cette organisation se donne pour objectif la création d’un Etat juif en Palestine qu’elle légitime en prenant appui sur les textes bibliques.

Au nom de cette organisation, Herzl tisse des liens étroits avec toutes les puissances coloniales de l'époque, y compris l'Allemagne de Guillaume II. T. Herzl va jusqu'à rencontrer le ministre du tsar Nicolas II, Plehve, antisémite notoire - les héritiers de Jabotinsky (Begin et Shamir, futurs Premier ministre du Likoud), à la tête de l'Irgoun, cultiveront le même type de relations pendant la Seconde guerre mondiale... L'OSM devient rapidement l’interlocutrice privilégiée des gouvernements anglais et français qui comprennent l’intérêt qu'ils ont à la création d’un « foyer national juif », un Etat juif, au Moyen-Orient ce qui débouche sur les accords Sykes-Picot (1916) et sur la déclaration Balfour (1917).

La réalisation du projet sioniste s’accélère avec la fin de la seconde guerre mondiale et le triomphe de l’impérialisme américain. Prenant sordidement appui sur le génocide nazi, le mouvement sioniste organise l’exode massif de populations juives traumatisées vers la Palestine. Israël est le cadre d’un accord entre le stalinisme et l’impérialisme américain : Staline voit alors d’un très bon œil la création d’un Etat juif en Palestine, lui qui voulait installer les juifs d’URSS dans un simili-état, le « Birobidjan », situé au fin fond de la Sibérie, à la frontière chinoise. Israël est donc aussi un des nombreux fruits de la trahison stalinienne des intérêts de la révolution socialiste mondiale, trahison qui a mené les juifs dans une impasse meurtrière.

En 1948, les Etats-Unis font légitimer la création de l’Etat d’Israël à l’ONU et assurent le jeune Etat de son soutien militaire inconditionnel. En contrepartie, Israël doit garantir les intérêts des impérialistes au Moyen-Orient, essentiellement les USA. L’occupation de la Palestine prend un tournant radical. La méthode employée pour assurer la pérennité d’Israël est on ne peut plus simple : la colonisation par les armes. Ce qui assure un fantastique marché militaire pour les principales industries d’armement mondiales : Les USA fournissent avions, systèmes d’armes, formateurs militaires, navires… La France fournira le feu nucléaire, des missiles sol-sol et sol-air etc.… Les résolutions de l’ONU ne changeront rien à la souffrance du peuple palestinien : au cours des 60 années d’occupation, elles n’ont servi qu’à entériner les décisions d’Israël.

Pourtant, malgré une puissance militaire écrasante, l’objectif du sionisme qui est la création d’un grand Israël allant du Nil à l’Euphrate n’est toujours pas accomplie. Le seul obstacle est la résistance du peuple palestinien qui combat depuis maintenant 60 ans l’occupation meurtrière de ses terres. Alors que les populations juives et arabes ont coexisté pacifiquement pendant des siècles, l’application du projet sioniste a mis la Palestine à feu et à sang. Les actuels bombardements de l’armée israélienne sur Gaza sont l’écho de la politique de terreur des groupes Irgoun et Stern. Ces organisations terroristes ont œuvré à l’établissement de l’Etat d’Israël en multipliant les exactions à l’encontre du peuple palestinien.

Mahmoud Abbas et la direction du Fatah : les supplétifs du sionisme

La résistance palestinienne a connu tous les obstacles, depuis la politique de terreur de l’Irgoun (massacre de Deir Yassin) jusqu’aux tapis de bombes de l’armée israélienne sur fond de trahisons répétées de sa direction politique. C’est en effet la crise de sa direction politique qui interdit au peuple palestinien d’opposer une résistance efficace à Israël. Les sionistes ont gagné sur un terrain : celui de la division de la résistance palestinienne.

Avec la création de l’Autorité Palestinienne, le Fatah de Yasser Arafat est passé avec armes et bagages dans le camp de l’impérialisme et du sionisme. La reconnaissance de l’Etat d’Israël en 1988 est un pas décisif dans la trahison du Fatah envers la résistance palestinienne. Ayant trusté la direction de l’Organisation de Libération de la Palestine, le Fatah entraîne le peuple palestinien dans la soumission totale à Israël. Cette politique se mène avec l'approbation, avec le soutien actif, des monarchies et « républiques » de la région, régimes fantoches et corrompus, pour qui la cause palestinienne n'est qu'une monnaie d'échange dans les rapports qu'ils entretiennent avec les puissances impérialistes.

L’accord avec le sionisme est limpide : le Fatah scelle la fin de la résistance palestinienne et obtient la gestion d’un bantoustan (la Cisjordanie) soumis à Israël. Les indignations d’Abbas à l’encontre de l’opération plomb durci sont cyniques. Quelques jours auparavant il serrait la main d’Ehoud Olmert, sûrement heureux d’apprendre qu’Israël allait le débarrasser de l’encombrant Hamas.

Le Hamas, une direction par défaut

Le Mouvement de Résistance Islamique (Hamas), créé en 1987, apparaît aujourd’hui comme la seule organisation palestinienne d’importance à poursuivre la lutte armée contre le sionisme. C’est la raison principale de ses succès électoraux aux municipales de 2005 et aux législatives de 2006. Contraint d’assumer un pouvoir dont il ne voulait pas, le Hamas est aujourd’hui pris entre le marteau et l’enclume : la population et sa base pousse à la poursuite des opérations militaires contre Israël tandis que sa majorité au parlement palestinien le contraint à devoir gérer les conséquences de l’occupation sioniste. Il représente néanmoins un problème certain pour le sionisme. Dans l’incapacité d’éliminer l’obstacle Hamas par la corruption, le gouvernement israélien cherche à l’écraser militairement. L’élimination du Hamas lui permettrait de remettre en selle l’Autorité Palestinienne dans la bande de Gaza. Ce qui rendrait sa fonction à ce territoire : un réservoir de main d’œuvre bon marché pour les patrons israéliens.

En conséquence, nous souhaitons la victoire du Hamas contre l’armée sioniste. L'ensemble des partis, organisations et mouvements palestiniens doivent s'engager sans réserve pour la victoire du Hamas, pour la défaite de l'armée sioniste. L'unité dans la lutte est vitale pour la survie de la cause palestinienne, pour la survie des palestiniens ! Au demeurant, un soutien à l’action militaire n’est pas un accord politique. L’objectif politique du Hamas est l’instauration d’une théocratie qui ne servirait que les intérêts d’une partie de la bourgeoisie palestinienne. Il n’est pas inutile de rappeler qu’à plusieurs reprises (en 2006 et 2007), les plus hauts dirigeants du Hamas ont laissé entendre qu’ils étaient prêts à reconnaître l’Etat d’Israël et à renoncer à la lutte armée si celui-ci se retirait des « territoires occupés ». Le peuple palestinien n’a rien à attendre du Hamas. L’histoire a prouvée qu’aucun mouvement nationaliste bourgeois ne peut conduire à la libération.

Résistance palestinienne et socialisme

La libération de la Palestine ne peut avoir lieu sans la destruction de l’Etat d’Israël. Tenu à bout de bras par l'impérialisme depuis 60 ans, cet Etat-garnison qui a organisé un régime d’apartheid à l’encontre de sa propre population arabe, un état bourgeois qui réalise l'exploitation de ses travailleurs, arabes et juifs. Cet état doit disparaître pour faire place à une seule Palestine laïque démocratique et non-raciste où toutes ses composantes (juifs, arabes etc.) seraient à égalité de droit. Selon la formule de L. Trotsky, le sionisme a précipité les juifs dans un piège en Palestine ; il est en train de creuser la tombe des travailleurs juifs.

Les Refuzniks, ces jeunes soldats israéliens qui ne veulent pas servir dans les « territoires occupés » ou défendre les colonies israéliennes ont raison quand ils déclarent refuser de prendre part à l'oppression permanente des palestiniens. Modestement, mais avec courage, ils montrent la voie ! Voilà un siècle que le sionisme empoisonne les populations juives et se nourri de l’antisémitisme.

Oui, les juifs d'Israël et du monde entier doivent reprendre à leur compte cette phrase de K. Marx : « un peuple qui en opprime un autre ne peut pas être libre ». Les travailleurs juifs et les travailleurs arabes ont un intérêt commun comme travailleurs, ce doit être le ciment de leur lutte de libération conjointe. Il y a plus en commun entre eux que chacun peut avoir de commun avec un M. Abbas ou un E. Olmert. Travailleurs arabes et travailleurs juifs doivent combattre ensemble du même côté de la barrière de classe et non au côté de « leur » bourgeoisie respective !

« Une seule Palestine laïque démocratique et non-raciste » : la trahison du Fatah n’invalide pas la charte de l’OLP qui formule cet objectif. La résistance palestinienne est vouée à l’échec si elle ne se réapproprie les mots d’ordre qui lui ont permis de construire un mouvement de masse contre la barbarie sioniste. La victoire contre Israël passe aussi par la défaite de ses appuis occidentaux et en premier lieu la défaite de l’impérialisme US.

La lutte contre l'oppression nationale est indissociable de la lutte contre le capitalisme qui est basé sur la concurrence, l'exploitation et l'oppression alors que l'avenir de l'humanité impose de mettre en commun toutes les moyens de production et d'échange, tous les savoirs, toute la créativité de toutes les femmes et de tous les hommes : la libération des forces productives, par la révolution socialiste.

Pour nous, Groupe Socialiste Internationaliste, la lutte du peuple palestinien fait partie intégrante du combat que les travailleurs du monde entier ont à mener contre la barbarie du capitalisme. Un combat qui ne peut avoir qu’un seul but : la construction du socialisme à échelle internationale, la construction des Etats-Unis socialistes du Moyen-Orient. Contre la barbarie capitaliste, contre l’occupation sioniste, contre les bourgeoisies arabes, vive la résistance palestinienne, vive le socialisme !

Paris, le 15 janvier 2009


POUR LA DEFAITE DE L’ARMEE SIONISTE !

POUR L’UNITE ET LA VICTOIRE DE LA RESISTANCE PALESTINIENNE !

POUR LA FIN DE L’ETAT COLONIAL SIONISTE D’ISRAEL,
POUR UNE SEULE PALESTINE LAïQUE, DEMOCRATIQUE ET NON RACISTE !

POUR LES ETATS-UNIS SOCIALISTES DU PROCHE ET MOYEN-ORIENT !








Article ajouté le 2009-02-08 , consulté 13 fois

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