LDJ : Ligue de Défense Juive : deux agressions en moins de quinze jours à Paris
Qu’attend l'Etat français pour dissoudre les milices comme la LDJ et le Bétar ?
Le mercredi 22 avril dernier, alors qu’une soirée de soutien pour la
Palestine, organisée par quelques associations, débutait dans le 11ème
arrondissement, un groupe de 5 membres de la LDJ ont commencé à
malmener un jeune musulman qui se trouvait sur le boulevard. Ils ont
pris la fuite lorsque des jeunes présents sur le lieu sont intervenus ;
ces personnes sont revenues quelques minutes plus tard au sein d’un
groupe constitué cette fois, d’une vingtaine d’individus.
Voici le témoignage de Y. « Alors
que j’étais entrain de discuter avec trois agents de police nous avons
vu courir plusieurs personnes armées de casques et de bâtons. Lorsqu’on
a regardé de plus près nous avons vu qu’ils rejoignaient d’autres
personnes qui étaient en train de battre deux jeunes hommes déjà étalés
par terre, et ceci à coup de pieds, de casques et de bâtons. Ce sont
plus de 20 lâches qui se déchaînaient sur ces deux personnes. Nous
avons alors accouru avec les trois agents de police pour dégager les
deux victimes ; j’ai moi-même reçu quelques coups. » Ce témoin affirme que les agents ont fini par arrêter cinq des principaux agresseurs, dont deux ont été relâchés sur place pour une raison inconnue.
Vers 20h, ayant moi-même été informé par téléphone que des membres de la LDJ étaient revenus en nombre sur le lieu de la soirée et qu’ils menaçaient de s’en prendre aux personnes présentes, j’ai appelé
quelques personnes et nous nous sommes rendus sur place pour, d’une
part aider à assurer la sécurité des personnes présentes lors de la
soirée, et d’autre part pour éviter tout éventuel débordement.
Le
temps que j’arrive sur place, la situation était déjà différente.
Plusieurs personnes contactées étaient déjà sur les lieux ainsi que
trois voitures de police. J’ai été informé que les deux victimes
étaient à l’hôpital. La colère des jeunes était palpable ; il faut
savoir que les membres des milices privées quesont la LDJ
et le Bétar sont au-dessus de la loi dans notre pays ; chaque année
plusieurs agressions sont commises en Ile de France sans que ces
derniers puissent être inquiétés.
La
dernière agression en date, qui est passée bien inaperçue, s’est
produite le 12 avril 2009 devant l’entrée d’un théâtre parisien du 7ème
arrondissement dans lequel un spectacle de soutien pour Gaza était
organisé. Des spectateurs attendaient en groupe devant l’entrée du
théâtre, un homme qui était un peu en retrait s’est fait subitementtabassé par une meute de quinze individus à coups de barres de fer et de casquesalors
que cinq de leurs comparses surveillaient les scooters un peu plus
loin. Le groupe de femmes est alors rentré précipitamment dans le
théâtre. Selon le même témoignage, un homme est ressorti du théâtre
pour venir en aide à la victime ; lui-même a reçu des coups par ces
criminels qui se sont enfuis pensant surement que d’autres personnes
allaient sortir du théâtre pour protéger les victimes. La personne
agressée a été sévèrement blessée. Un jour après cette agression, un
groupe d’une trentaine de personnes sont partis au commissariat pour
demander des explications sur cette agression, et conformément aux
usages dans les affaires impliquant les milices de la LDJ
et du Bétar, aucun des policiers présents, ni leur chef, n’étaient au
courant de cette affaire sauf un qui a commis l’erreur de laisser
fourcher sa langue et trahir ainsi le fait qu’ils n’ignoraient rien ce
qui s’était passé…
Ce n’est pas la peine de vous pincer pour savoir si vous rêvez ou non; c’est bien ce qui se passe à Paris en 2009 et cela ne pose de problème à personne. La chape de plomb est la même à chaque fois que la LDJ
ou le Bétar commettent en bande leurs agressions criminelles contre des
personnes qui manifestent un soutien à la cause palestinienne. Ce
silence se manifeste d’ailleursau plus haut sommet de l’Etat ;la preuve en a été admirablement faite sur les ondes de radio de la station France Inter le 16 avril dernier. Madame
Alliot-Marie, notre ministre de l’Intérieur à qui, une auditrice
dénommée Sabrina demandait des comptes sur l’agression au couteau sur
la personne d’un commissaire commise en 2002 par des membres de ce gang
a fait semblant de ne même pas être au courant de l’existence d’une
telle milice sur notre territoire… La question de ces gangs a pourtant
fait l’objet de reportage sur la télévision publique française, les
journaux ont enquêté, l’observatoire du communautarisme a même
référencé une liste d’exactions qui leur sont imputées et que l’on peut
trouver sur son site.Mais rien, c’est toujours
le grand silence qui prévaut. Il y a des choses qui ne se disent pas…
Pire, selon les autorités françaises, la LDJ n'a pas de structure en France… si c’est le cas comment se fait-il que les membres de la LDJ agissent et agressent avec drapeaux et T-Shirt au nom de la LDJ
en plein Paris et entretiennent un site internet où l'on trouve des
textes [1] faisant l’apologie des crimes de guerre à Gaza ainsi qu’une
rubrique « Adhérer à la LDJ. »
C’est un peu fort de café ! Et on ose nous parler de l’urgence d’un
projet de loi contre les bandes en préparation! Nous rappelons que
Monsieur Nicolas Sarkozy a promis, le 18 mars, une loi contre les
bandes. Selon le Président de la République, « Il
faut doter notre Code pénal d'une disposition qui réprimera de trois
ans d'emprisonnement le fait de faire partie en connaissance de cause
d'un groupement, même formé de façon temporaire, poursuivant le but de
commettre des atteintes volontaires contre les personnes ou certains
biens », a-t-il martelé. Alors nous espérons que les premières épinglées seront le Bétar et la LDJ puisque cela fait des années que ces milices ultrasionistes qui ont pignon sur rue en
France (alors que dans d’autres pays tels Israël et les Etats-Unis, là
elles sont interdites parce que considérées comme des organisations
terroristes) agressent régulièrement les personnes qui dénoncent la
politique raciste et coloniale d’Israël et qu’elles n’ont jamais été
dissoutes par les ministres de l’Intérieur successifs. Il suffit pour
savoir qui sont ces gens, de visionner les vidéos de menaces qu’ils
postent sur le net pour savoir à quel point ils méprisent les lois de la République sans en être inquiétés. Quand le premier Ministre François Fillon dit au cours du dîner du CRIF que : « Nous devons veiller à ce que les nouvelles technologies ne deviennent pas, à leur tour, le canal de la haine. »
Nous aimerions que cela s’applique à ces bandes qui profèrent des
menaces de mort sur des supports vidéos à l’encontre de citoyens
français ! A moins que dans notre pays s’en prendre par la violence à
des personnes qui ne cautionnent pas la politique d’Israël soit
normal ! Peut-être va-t-il falloir envisager de créer une ligue de
défense musulmane qui elle aussi aura le droit à une salle
d'entrainement fournit par ces mêmes autorités et l'impunité qui va
avec pour défendre les associations qui organisent des évènements de
soutien aux Palestiniens; qui elle aussi aura le droit de « tourner »
en groupe dans les rues de Paris à la recherche d'anti-arabes ou de
quiconque qui serait en désaccord avec la politique des pays arabes par
exemple pour enfin mettre les autorités de notre pays devant leurs
responsabilités et que la justice républicaine s’applique pour tous de
la même façon!
Jeudi
matin, à 11 heures, nous apprenons que le commissariat de police a mis
en garde à vue les deux victimes de l’agression de la veille. L’avocate
a fait savoir hier qu’il n’y avait rien dans leur dossier ; or ce
samedi matin, vers 11 heures nous apprenons que les deux victimes ont
été déferrés devant le parquet. Nous vous tiendrons au courant dès que
nous aurons du nouveau.
Nous
appelons donc à la vigilance, au sang froid et nous espérons que la
presse jouera son rôle d’informateurs comme elle sait si bien le faire
lorsqu’il s’agit d’actes dont les victimes sont de confession juive.
Commentaires